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Focus sur les Barbotines
La barbotine occupe une place à part dans l’univers de la céramique et de la brocante. Colorée, souvent très en relief, parfois spectaculaire, elle transforme un simple objet utilitaire en véritable objet décoratif. Un pichet devient un coq, une assiette se couvre d’asperges ou de fruits, une jardinière semble envahie de feuillages, tandis qu’une terrine prend la forme d’un canard, d’un faisan ou d’un homard.
Mais derrière cette apparence très reconnaissable se cache une réalité technique plus complexe. La barbotine est d’abord une technique : il s’agit d’une pâte argileuse délayée dans l’eau, utilisée notamment pour assembler, mouler ou décorer une pièce. Par extension, le terme désigne aujourd’hui, dans le langage des brocanteurs et des collectionneurs, toute une famille de céramiques décoratives caractérisées notamment par leurs reliefs et leurs couleurs.
C’est cette extension du terme qui explique pourquoi, dans les brocantes et sur le marché des antiquités, on parle de « barbotine » pour désigner des faïences en relief particulièrement colorées, produites principalement à partir de la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’au XXe siècle.
1. Qu’est-ce exactement que la barbotine ?
Au sens strict, la barbotine est une argile mélangée à suffisamment d’eau pour devenir fluide. Sa consistance varie selon l’utilisation recherchée.
Elle peut servir à assembler deux morceaux de terre encore crue : une anse, un bec, une feuille ou un élément décoratif peut ainsi être fixé sur le corps d’une pièce. Elle peut également être coulée dans un moule, notamment en plâtre, pour fabriquer des formes creuses et reproductibles.
Mais c’est surtout son utilisation comme matériau de décoration qui nous intéresse dans le domaine de la brocante.
Une barbotine relativement épaisse peut être appliquée sur une pièce encore crue afin de créer des motifs en relief. Des fleurs, fruits, feuillages, coquillages, animaux ou personnages peuvent ainsi être ajoutés à la surface de la céramique.
Une partie de ces éléments peut aussi être réalisée dans des moules avant d’être rapportée sur le corps de la pièce. On obtient alors des décors très saillants, parfois presque sculpturaux.
2. Barbotine, engobe, émail, fait main : attention aux confusions
Le vocabulaire de la céramique peut être trompeur. La barbotine est une pâte argileuse liquide.
L’engobe est également une préparation liquide à base d’argile, généralement utilisée comme revêtement ou comme décor de surface.
La glaçure ou l’émail, en revanche, est une matière vitreuse qui fond à la cuisson et donne à la pièce son aspect brillant et imperméable.
Une barbotine peut donc être colorée, recevoir des pigments ou des oxydes, puis être recouverte d’une glaçure. C’est cette combinaison de reliefs, de couleurs et d’émaux qui donne à de nombreuses barbotines anciennes leur aspect si spectaculaire.
« Fait main » décrit une manière de fabriquer l’objet ; « barbotine » décrit une technique ou un type de décor. Une assiette tournée à la main, sans aucun décor en relief, est une céramique faite main mais pas nécessairement une barbotine.
À l’inverse, une barbotine peut être produite dans une manufacture à l’aide de moules et de procédés semi-industriels. Le caractère industriel de la production ne l’empêche donc pas d’être une barbotine.
Il faut également se méfier d’une autre idée reçue : une barbotine n’est pas nécessairement entièrement modelée à la main. À partir de la fin du XIXe siècle, les manufactures utilisent de plus en plus le moulage pour reproduire des éléments décoratifs et produire des séries importantes.
C’est justement ce qui permet de comprendre le succès de la barbotine : elle associe l’apparence de la sculpture à la possibilité d’une production en série.
On peut ainsi trouver :
- des pièces réellement modelées ou garnies à la main ;
- des pièces moulées puis retouchées ;
- des pièces fabriquées à partir de nombreux éléments moulés et assemblés ;
- des productions entièrement industrialisées ;
- et, entre les deux, une multitude de degrés d’intervention manuelle.
La présence de petites différences, de traces de pinceau, de reprises ou d’irrégularités ne suffit donc pas, à elle seule, à prouver qu’une pièce est entièrement artisanale.
3. Quand la barbotine devient un style
Lorsque l’on pense aujourd’hui aux « vraies » barbotines anciennes, c’est généralement cette période qui vient à l’esprit.
La seconde moitié du XIXe siècle voit se multiplier les expérimentations dans les manufactures européennes. La céramique s’enrichit de nouvelles techniques, les moules permettent de reproduire plus facilement les formes et les décors, tandis que les progrès des émaux autorisent une palette de couleurs particulièrement séduisante.
La barbotine française connaît alors une production extrêmement importante autour de la Belle Époque. Des centres comme Saint-Clément, Lunéville, Sarreguemines, Onnaing, Gien, Longwy ou encore Fives-Lille participent, chacun avec son style et ses modèles, à cette histoire.
La période 1890-1914 est particulièrement intéressante pour le chineur : les formes sont encore très ambitieuses, les décors sont souvent abondants et la qualité de certaines manufactures est remarquable.
Les Expositions universelles jouent un rôle important dans la diffusion de ces nouvelles céramiques. Les manufactures peuvent présenter des pièces spectaculaires, tout en développant parallèlement une production destinée à une clientèle plus large.
La barbotine devient ainsi un produit particulièrement adapté à la société de consommation naissante : elle est décorative, amusante, reconnaissable et peut être déclinée en très nombreuses formes.
On reconnaît généralement les barbotines de la grande époque à plusieurs caractéristiques :
- des reliefs importants ;
- des motifs naturalistes ;
- des couleurs franches ;
- des émaux brillants ;
- des fleurs, fruits, légumes, oiseaux ou animaux ;
- des formes qui imitent parfois directement la nature ;
- un goût prononcé pour le trompe-l’œil.
4. La barbotine utilitaire et la barbotine décorative
Contrairement à une idée reçue, les barbotines ne sont pas uniquement des objets décoratifs. Une grande partie de leur intérêt vient précisément du mélange entre fonction et décoration.
Les pichets
Le pichet est probablement l’un des objets les plus emblématiques. Il peut prendre la forme d’un coq, d’un canard, d’un perroquet, d’un poisson, d’un personnage ou encore d’une composition florale. Le corps reste fonctionnel : il peut contenir de l’eau ou du vin. Mais la forme transforme l’objet utilitaire en véritable élément de décoration. Cette association entre utilité et fantaisie explique en grande partie le succès de la barbotine.
La manufacture de Saint Clément s’est particulièrement illustrée sur ce type d’objets.
Les assiettes et plats
La vaisselle constitue un autre terrain privilégié.
On rencontre des assiettes décorées de fruits, légumes, fleurs, coquillages ou animaux. Certaines sont relativement sobres ; d’autres jouent pleinement la carte du trompe-l’œil.
Une assiette représentant des asperges, par exemple, n’est pas simplement décorée d’un motif peint : les asperges peuvent être représentées en relief et participer directement à la forme de l’objet.

Les soupières
Les soupières constituent une catégorie particulièrement intéressante de la barbotine utilitaire. Elles conservent une fonction parfaitement concrète, mais leur forme et leur décor permettent aux manufactures de laisser libre cours à leur imagination.
On rencontre des modèles ornés de légumes, fruits, fleurs, feuillages ou animaux, certains jouant pleinement sur le trompe-l’œil. Les anses, les prises du couvercle et les éléments décoratifs peuvent eux-mêmes être traités en relief, donnant à l’ensemble une apparence presque sculpturale.
La soupière est ainsi un excellent exemple de l’esprit barbotine : un objet destiné à la table devient simultanément une pièce décorative. Les modèles les plus élaborés, notamment ceux dont le décor se poursuit sur le couvercle et les poignées, sont particulièrement recherchés par les collectionneurs.
Les garnitures de cheminée
Les garnitures de cheminée montrent quant à elles jusqu’où la barbotine pouvait s’éloigner de l’objet utilitaire pour devenir un véritable élément de décor intérieur.
Composées généralement d’une pendule accompagnée de vases, de jardinières ou de candélabres, certaines garnitures reprennent pleinement le vocabulaire naturaliste de la barbotine : fleurs, feuillages, fruits, coquillages ou sujets animaliers.
Les reliefs sont souvent abondants et les pièces peuvent associer plusieurs couleurs d’émaux, donnant à l’ensemble une présence très forte sur une cheminée.
Même si leur fonction est essentiellement décorative, les garnitures de cheminée restent liées à l’univers domestique de la barbotine : elles montrent comment une technique initialement appliquée à des objets du quotidien pouvait être poussée jusqu’à créer de véritables ensembles décoratifs.

Les vide-poches
Les vide-poches illustrent parfaitement la transformation d’un objet banal en objet décoratif. Ils peuvent être ornés d’un bouquet de fleurs, d’un oiseau, d’un fruit, d’un poisson ou d’une scène naturaliste. Leur petite taille les a également rendus faciles à produire et à diffuser.


Pots, cache-pots et jardinières
La végétation représentée sur la barbotine trouve naturellement son prolongement dans les objets destinés aux plantes. Pots, cache-pots, jardinières et suspensions peuvent être couverts de feuilles, de fleurs, de fruits ou de motifs naturalistes. Certaines productions sont extrêmement riches, avec des reliefs qui envahissent presque toute la surface.
La manufacture de Fives-Lille de Gustave De Bruyn en offre de très beaux exemples.

Les barbotines purement décoratives
À côté de ces objets fonctionnels existe une production dont la fonction pratique devient secondaire, voire inexistante. Vases, grandes jardinières, garnitures, pièces montées, sujets animaliers ou compositions florales peuvent avoir été conçus avant tout pour décorer un intérieur. La frontière est toutefois souvent floue.
Une grande jardinière peut parfaitement avoir été destinée à accueillir une plante tout en étant conçue comme une pièce décorative majeure. Un vase peut recevoir des fleurs, mais sa forme et son décor peuvent être suffisamment spectaculaires pour que sa fonction devienne presque secondaire.
C’est l’une des particularités de la barbotine : l’objet utilitaire devient sculpture, et la sculpture conserve parfois une fonction.
Le cas des fleurs de cimetière en céramique
Les fleurs en céramique destinées aux tombes constituent un aspect moins connu, mais particulièrement intéressant, de l’histoire des céramiques décoratives du XIXe et du début du XXe siècle.
Avec le développement des pratiques funéraires modernes, les tombes deviennent de véritables lieux de mémoire que l’on cherche à fleurir durablement. La céramique permet alors de reproduire des roses, pensées, œillets, lys, feuillages et bouquets qui ne fanent pas.
Ces fleurs sont réalisées en faïence, en porcelaine ou dans différentes pâtes céramiques. Certaines sont moulées puis retouchées et peintes, d’autres sont constituées de nombreux éléments assemblés. Leur intérêt réside souvent dans la finesse du modelage : pétales détachés, feuilles en relief, nervures et compositions très naturalistes.
Il ne faut cependant pas qualifier systématiquement ces fleurs de « barbotines ». Elles relèvent davantage de la même esthétique naturaliste et du même goût pour le relief que les barbotines, mais leur technique de fabrication peut être différente.
Elles témoignent surtout d’un phénomène essentiel dans l’histoire de la céramique du XIXe siècle : la volonté de reproduire la nature en trois dimensions. Cette fascination se retrouve ensuite pleinement dans les barbotines, avec les fleurs, fruits, légumes et feuillages appliqués sur les assiettes, jardinières et objets décoratifs.
Pour le collectionneur, ces fleurs sont intéressantes lorsqu’elles présentent un modelage particulièrement fin, des couleurs bien conservées ou une provenance identifiable. Elles peuvent également être recherchées pour leurs supports et leurs compositions anciennes, certaines ayant été montées en bouquets ou couronnes destinés directement aux monuments funéraires.
5. Quelques manufactures française de barbotines réputées
Saint-Clément : une manufacture incontournable
La manufacture de Saint-Clément est l’un des noms à connaître lorsqu’on s’intéresse aux barbotines françaises.
L’histoire de Saint-Clément remonte au XVIIIe siècle : la manufacture est fondée en Lorraine en 1758. La faïencerie de Lunéville, fondée plus tôt, et Saint-Clément connaissent ensuite une histoire étroitement liée. Les établissements passent notamment sous le contrôle de Keller et Guérin à la fin du XIXe siècle, les deux manufactures étant à nouveau réunies.
C’est dans ce contexte industriel que Saint-Clément produit de nombreuses pièces de fantaisie en barbotine.
On rencontre notamment :
- des pichets ;
- des canettes ;
- des tirelires ;
- des pièces zoomorphes ;
- des cache-pots ;
- des objets décoratifs.
Le bestiaire est particulièrement séduisant : coqs, cochons, oiseaux et autres animaux deviennent des objets domestiques.
La production de Saint-Clément est intéressante parce qu’elle montre parfaitement la capacité d’une grande manufacture à transformer une technique décorative en véritable gamme commerciale.
Pour le collectionneur, la marque ou le revers de la pièce constitue donc un premier élément d’identification, mais il faut toujours regarder également la forme, la qualité du décor, les couleurs et la cohérence stylistique.

Gustave De Bruyn, à Fives-Lille
La manufacture, installée à Lille à partir des années 1860, développe une production très importante de céramiques. Elle ne se limite pas aux pièces artistiques : elle fabrique également des objets utilitaires, des ustensiles et diverses productions en grès et en faïence.
Les premières « barbotines décorées » de De Bruyn apparaissent dans les années 1880. Elles comprennent notamment des cache-pots, pichets, pots à tabac, jardinières, vases, pièces de cheminée et porte-parapluies.
Chez De Bruyn, on retrouve particulièrement bien l’esthétique Art nouveau : feuillages, fleurs, fruits, formes organiques et couleurs profondes se combinent pour créer des objets qui semblent parfois directement sortis du jardin.
Les jardinières et cache-pots sont particulièrement intéressants, mais la manufacture a produit une très grande variété de formes.
Il faut également savoir que toutes les pièces signées De Bruyn ne sont pas nécessairement des barbotines. La manufacture a produit de nombreux types de céramiques. Une signature permet d’identifier une origine, mais elle ne dispense jamais d’identifier la technique et le modèle.
Samson : la barbotine de luxe française
Fondée à Paris en 1845 par Edmé Samson, la manufacture Samson occupe une place particulière dans l’histoire de la barbotine française. Connue pour ses porcelaines et faïences inspirées des grandes traditions européennes et asiatiques, elle développe également une production originale particulièrement ambitieuse.
Samson se distingue notamment par des pièces de grande taille, souvent très sculpturales, représentant avec un grand réalisme des animaux, des fleurs et des végétaux. La porcelaine devient alors presque une matière de sculpture : canards, oiseaux, animaux, jardinières et compositions florales peuvent être traités en relief ou en ronde-bosse avec un souci du détail remarquable.
Cette recherche du naturalisme est l’une des grandes particularités des productions Samson. Certaines pièces ne se contentent plus de représenter la nature par un décor peint : elles cherchent véritablement à la recréer en volume. Cette approche rappelle notamment la tradition de Bernard Palissy et ses compositions mêlant animaux, végétaux et éléments naturels.
Samson occupe ainsi un registre différent de celui des grandes manufactures de barbotines plus populaires comme Saint-Clément ou De Bruyn. Là où celles-ci produisent largement des pichets, assiettes, cache-pots ou jardinières destinés à une clientèle bourgeoise, Samson développe une véritable barbotine de luxe, destinée à des pièces décoratives spectaculaires et parfois de très grandes dimensions.
Michel Caugant : quand la barbotine entre dans les cuisines
Dans les années 1960-1970, les ateliers associés à Michel Caugant produisent des terrines et plats en faïence représentant une grande variété d’animaux : canards, poules, faisans, lapins, cerfs, cochons, bisons, homards, oies, etc.
Ces terrines sont conçues pour un usage parfaitement concret : présenter et conserver les pâtés et terrines. Mais leur forme est tellement expressive qu’elles fonctionnent également comme objets décoratifs. C’est précisément ce qui fait leur charme.
Une terrine Caugant peut ainsi être posée sur une table et utilisée comme plat ; elle peut également être exposée dans une cuisine, une salle à manger ou une vitrine.
6. Les barbotines italiennes : une autre histoire
L’Italie possède une très longue tradition de faïence et de majolique, notamment depuis la Renaissance. Le terme « majolique » renvoie d’ailleurs historiquement à une tradition italienne prestigieuse, avec des centres comme Faenza.
Mais dans les brocantes françaises, on rencontre également quantité de céramiques italiennes du XXe siècle qui reprennent l’esthétique de la barbotine : fruits, légumes, fleurs, animaux, reliefs généreux et émaux colorés.
Certaines sont remarquables, d’autres sont des productions plus courantes, destinées à un marché populaire ou à l’exportation. C’est notamment le cas d’une partie des productions italiennes des années 1960 à 1980. On trouve par exemple des services à fruits, des plats, saucières, pichets ou objets de table ornés de raisins, artichauts, feuilles ou autres motifs naturalistes.
Faut-il pour autant parler de « mauvaise qualité » ? Il serait plus juste de parler de productions de qualité très variable. Certaines barbotines italiennes sont réellement bien exécutées et présentent des émaux intéressants, un relief soigné et une belle présence décorative. D’autres sont plus légères, plus répétitives, avec des décors simplifiés et une fabrication davantage tournée vers la production en série.
Pour le chineur, il faut donc éviter le raccourci : italienne = mauvaise qualité. La bonne question est plutôt : quelle manufacture, quelle époque, quel modèle, quelle qualité d’exécution et quel état ? Une pièce italienne des années 1970 bien choisie peut être beaucoup plus séduisante qu’une barbotine française ancienne très abîmée ou médiocrement exécutée.


7. Les barbotines que l’on trouve aujourd’hui
Pourquoi trouve-t-on autant de barbotines dans les brocantes ? La réponse tient en partie à leur nature. La barbotine est spectaculaire sans être nécessairement luxueuse. Elle permettait de produire un objet qui donne immédiatement une impression de richesse décorative : relief, couleur, brillance, trompe-l’œil. Elle était donc parfaitement adaptée à une époque où la décoration intérieure se démocratisait. La multiplication des manufactures, des modèles et des séries explique également pourquoi ces objets ont été largement diffusés. Et contrairement à de nombreuses pièces purement décoratives, les barbotines ont souvent été conservées parce qu’elles étaient utiles. Cela explique en partie leur présence encore très importante dans les maisons, greniers, successions et brocantes.
Aussi, la barbotine n’a jamais réellement disparu. Le style a connu des périodes de désaffection, notamment lorsque les intérieurs se sont éloignés des décors très chargés de la première moitié du XXe siècle. Mais les techniques elles-mêmes sont toujours utilisées.
Le coulage de barbotine reste une technique fondamentale dans de nombreux ateliers de céramique contemporains. Il permet de produire des formes creuses, complexes et reproductibles. Quant au décor en relief, il continue également d’être pratiqué.

Conclusion
Une barbotine est une céramique qui utilise la terre non seulement pour fabriquer l’objet, mais pour lui donner du relief, de la présence et parfois une véritable personnalité. C’est ce qui explique son succès. Une barbotine peut être un simple vide-poche, une assiette, une terrine ou un pichet. Elle peut être une jardinière monumentale ou un petit sujet animalier. Elle peut être française, italienne ou issue d’une production contemporaine.
Mais dans tous les cas, elle possède cette qualité particulière qui fait les objets que l’on remarque immédiatement : elle ne se contente pas d’être utile ou décorative ; elle cherche à raconter quelque chose. Et c’est probablement pour cela que, plus d’un siècle après son âge d’or, la barbotine continue à trouver sa place dans nos intérieurs.
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